Les deux comptes en bref
Le PEA (plan d'épargne en actions) est une enveloppe fiscale réservée aux actions européennes. Après 5 ans, les gains sortent sans impôt sur le revenu. En échange : un plafond, une liste de titres limitée et des règles de retrait.
Le compte-titres ordinaire (CTO) n'a aucune de ces contraintes : pas de plafond, tous les titres, retraits libres. Mais chaque dividende et chaque plus-value réalisée sont imposés l'année où tu les perçois.
Plafond et ouverture
- PEA classique : 150 000 € de versements au maximum. Les gains ne comptent pas : un PEA peut valoir bien plus que 150 000 €.
- PEA PME-ETI : 225 000 € de versements, mais ce plafond est commun avec le PEA classique.
- Jeune majeur rattaché au foyer de ses parents : PEA plafonné à 20 000 €.
- Un seul PEA par personne, et pas de PEA joint. Un couple peut en ouvrir un chacun.
- Compte-titres : aucun plafond, autant de comptes que tu veux, et le compte joint est possible.
Les titres éligibles
Dans un PEA : les actions de sociétés européennes (Union européenne et Espace économique européen) soumises à l'impôt sur les sociétés, et les fonds (OPCVM, dont beaucoup d'ETF) investis majoritairement dans ces actions. Certains ETF répliquent pourtant des indices mondiaux ou américains grâce à un mécanisme de réplication synthétique qui leur permet de rester éligibles.
Dans un compte-titres : tout le reste aussi. Actions américaines ou asiatiques en direct, obligations, ETF non éligibles, produits de taux.
La fiscalité en 2026
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a relevé la CSG sur les revenus de placement. Résultat : les prélèvements sociaux passent de 17,2 % à 18,6 % pour les revenus de placements perçus en 2026, dont les dividendes et plus-values d'actions. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU, ou « flat tax ») atteint donc 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Restent à 17,2 % notamment l'assurance vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières, les PEL et CEL.
Sur un compte-titres
- Dividendes : 31,4 % chaque année, prélevés à la source (12,8 % d'acompte d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux).
- Plus-values réalisées : 31,4 % sur le solde net de l'année (plus-values moins moins-values).
- Option pour le barème progressif : possible chaque année, pour l'ensemble de tes revenus de placement. Elle donne droit à un abattement de 40 % sur les dividendes. Intéressante surtout si ta tranche marginale d'imposition est de 0 % ou 11 %.
- Moins-values : imputables sur les plus-values de même nature pendant 10 ans.
Exemple : 1 000 € de dividendes sur un compte-titres te laissent 686 € nets au PFU.
Sur un PEA
- Tant que l'argent reste dans le plan : aucun impôt, ni sur les dividendes ni sur les plus-values. Tu peux arbitrer librement.
- Retrait avant 5 ans : le gain est imposé à 12,8 % (ou au barème sur option), plus les prélèvements sociaux, et le plan est clôturé, sauf exceptions.
- Retrait après 5 ans : pas d'impôt sur le revenu, seulement les prélèvements sociaux sur la part de gains. Pour un retrait en 2026, le taux est de 18,6 % ; pour un PEA ouvert avant 2018, une partie des gains anciens peut encore relever des taux historiques (voir la fiscalité du PEA).
Exemple : 1 000 € de gains retirés d'un PEA de plus de 5 ans, constitués en 2026, te laissent 814 € nets, contre 686 € sur un compte-titres.
Petite nuance : un dividende d'une société étrangère européenne peut subir une retenue à la source dans son pays. Sur un compte-titres, elle ouvre en général droit à un crédit d'impôt en France ; dans un PEA, elle est perdue.
Retraits et disponibilité
PEA : avant 5 ans, un retrait clôture le plan (sauf licenciement, invalidité, retraite anticipée, création ou reprise d'entreprise). Après 5 ans, les retraits partiels sont possibles sans clôture, et tu peux continuer à verser. Seul un retrait total ferme le plan.
Compte-titres : retraits libres, à tout moment, sans conséquence sur le compte. Seules les ventes génèrent de l'impôt.
Conséquence pratique : ouvrir un PEA tôt, même avec un petit versement, fait courir le délai de 5 ans. C'est ce qu'on appelle « prendre date ».
Succession
- PEA : clôturé au décès. Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, même avant 5 ans, mais les prélèvements sociaux sont dus. Les titres passent sur un compte de succession ; les héritiers ne peuvent pas reprendre le PEA.
- Compte-titres : il est transmis avec les titres. Pour les héritiers, le prix d'acquisition fiscal devient la valeur retenue pour les droits de succession. Les plus-values latentes accumulées par le défunt ne sont donc pas soumises à l'impôt sur les plus-values.
Dans les deux cas, la valeur du compte entre dans la succession et peut supporter des droits de succession, selon le lien de parenté et les abattements.
Tableau comparatif
| PEA | Compte-titres | |
|---|---|---|
| Plafond de versements | 150 000 € (225 000 € avec un PEA PME-ETI) | Aucun |
| Nombre de comptes | Un par personne, pas de compte joint | Illimité, compte joint possible |
| Titres | Actions européennes et fonds éligibles | Tous |
| Dividendes et plus-values | Non imposés tant que l'argent reste dans le plan | PFU 31,4 % chaque année |
| Retrait après 5 ans | Prélèvements sociaux seuls sur les gains | Retrait libre, seules les ventes sont imposées |
| Retrait avant 5 ans | Clôture (sauf exceptions), 12,8 % + prélèvements sociaux | Libre |
| Moins-values | Pas imputables hors du plan | Reportables 10 ans |
| Au décès | Clôture, prélèvements sociaux sur les gains | Transmis, plus-values latentes non imposées |
Quand avoir les deux
Le PEA est souvent la base pour un investissement en actions à long terme. Le compte-titres devient utile dans plusieurs cas :
- Tu as atteint le plafond de 150 000 € de versements sur ton PEA.
- Tu veux des titres non éligibles : actions américaines en direct, obligations, certains ETF.
- Tu as besoin de souplesse pour un projet à moins de 5 ans, sans risquer de clôturer ton PEA.
- Tu veux pouvoir imputer des moins-values sur des plus-values.
- La transmission compte pour toi : un compte-titres transmis efface les plus-values latentes.
À l'inverse, si tu investis en ETF via un plan programmé, sur un horizon long, et que tu n'as pas encore 150 000 € à placer, le PEA couvre en général l'essentiel. Le guide investissement programmé (DCA) détaille cette approche, et la fiscalité du PEA les cas particuliers.
Attention au transfert : on ne peut pas transférer des titres d'un compte-titres vers un PEA. Il faut vendre (et payer l'impôt sur la plus-value éventuelle), verser sur le PEA, puis racheter.
Avec Senshin, ton PEA et ton compte-titres sont suivis séparément, chacun avec son PRU et ses plus-values, et un passage du compte-titres vers le PEA garde un historique cohérent. Voir le suivi d'un PEA Trade Republic.
Sources
- Service-Public.gouv.fr : plan d'épargne en actions (plafonds, titres, retraits, décès)
- Service-Public.gouv.fr : comment sont imposés les revenus d'un PEA
- Service-Public.gouv.fr : prélèvements sociaux (18,6 % et 17,2 % en 2026)
- Service-Public.gouv.fr : plus-values sur valeurs mobilières (PFU 31,4 %)
- BOFiP, BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20 : prix d'acquisition des titres reçus à titre gratuit
Questions fréquentes
Quel est le plafond du PEA en 2026 ?
150 000 € de versements pour un PEA classique. Avec un PEA PME-ETI, le total des versements sur les deux plans est limité à 225 000 €. Les gains ne comptent pas dans le plafond.
Peut-on retirer de l'argent d'un PEA avant 5 ans ?
En principe, tout retrait avant 5 ans clôture le plan et le gain est imposé à 12,8 % plus les prélèvements sociaux. Il existe des exceptions : licenciement, invalidité, retraite anticipée, création ou reprise d'entreprise.
Peut-on transférer des titres d'un compte-titres vers un PEA ?
Non. Il faut vendre les titres sur le compte-titres, ce qui peut générer une plus-value imposable, puis verser l'argent sur le PEA et racheter.
Que devient un PEA au décès ?
Il est clôturé. Les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu, même avant 5 ans, mais les prélèvements sociaux sont dus. La valeur du plan entre dans la succession.